Spiritualité

Qui rencontre-t-on sur les chemins de Compostelle ?
Qui rencontre-t-on sur les chemins de Compostelle ?  Des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes, des étudiants et des retraités, ceux qui ont pu consacrer un mois ou deux de leur vie à cette aventure.  Songez qu’il n’y a pas moins de 1.600 Km à parcourir si l’on part du Puy-en-Velay, 900 seulement depuis le Somport.  Et, tout au long de ces kilomètres,toute sortes de gens.
image pelerinage

- A première vue, d’abord des marcheurs.  Mais ces sportifs sont presque toujours plus que de simples coureurs de chemins.  Quand bien même d’ailleurs ils seraient partis pour l’exploit, croyez que le plus souvent ils arriveront en pèlerins. – Doublons cette catégorie par un ensemble de ‘pèlerins
récidivistes », ils ne sont pas rares, qui se sont à l’occasion d’un premier pèlerinage, découvert une vocation de vagabonds et enchaînent Fatima, La Salette, Medjugorgé et même Jérusalem à pied !

– Il y a, à l’évidence des « marcheurs de Dieu » pour lesquels ce périple est une sorte de retraite itinérante comparable à celle qu’ils auraient pu faire dans un monastère.  Ils ne sont pas les plus nombreux, mais tout pèlerin est un peu à la recherche du sacré. – Plus rares ceux qui suivent un chemin initiatique tel qu’a pu en parler Louis Charpentier dans son livre « Les Jacques ou le mystère de Compostelle » (Laffont – j’ai lu 1971).  Cet ouvrage enthousiasmera les amateurs d’ésotérisme. – Plus réalistes sont ceux que l’on peut dire artistes dont les appareils photographiques toujours en éveil fixent pour toujours les paysages rencontrés, et les fleurs du chemin, et les merveilles architecturales.  Comme il est beau le portique de Conques !

- Les « Européens » sont un peu tout cela..  Cependant, souvent venus du nord lointain, jeunes pour la plupart, ils se font une joie de découvrir l’Europe sans frontière qui est à n’en pas douter celle de demain.

– Et il y a les autres, ceux qui ne peuvent réellement pas dire pourquoi ils sont partis.  Ils sont partis parce qu’il le fallait « comme à un rendez-vous d’amour » C’est le secret que Lanza del Vasto nous révèle dans son « Pèlerinage aux sources » (Denoël 1943)

Pour conclure, qui rencontre-t-on toujours sur ce chemin ? Eh bien comme dans les auberges espagnoles, en Castille comme ailleurs, on ne rencontre
que ce qu’on y apporte de désir de rencontrer l’autre et aussi de se trouver soi-même.  C’est une belle découverte de se regarder purifié de tous les costumes que nous imposent la vie d’aujourd’hui et dont nous disions pour commencer qu’ils sont autant de déguisements joyeusement portés.

Nous ne saurions conclure ce bref regard sur le pèlerinage à Saint-Jacques sans parler de l’arrivée à Compostelle.  A l’évidence, c’est le chemin par lui-même qui est le plus important de cette aventure, mais l’arrivée peut en être le bouquet comme dans un feu d’artifice, la fin du trajet de la fusée s’épanouit en une gerbe de toutes les lumières quelle contenait tout au long de sa trajectoire.  Pour beaucoup, le moment clef est celui où l’on met sa main sur le portique de Jessé, à la place même où des millions de mains ont peu à peu creusé une empreinte on ne peut plus humaine, celle d’une main.. « J’ai posé mon sac, nous dit un pèlerin, et je me suis assis dans l’ombre, par terre pour pleurer tout mon soûl.  Le temps alors ne comptait plus, j’étais arrivé.

Comme on met un drapeau sur le pignon fraîchement achevé d’une maison en construction, j’ai hissé à Dieu une prière de louange.

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